Emir Kusturica

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Message  Lisbeth Salander le Ven 23 Juil - 2:45

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Emir Kusturica

Emir Kusturica est un cinéaste serbe lauréat de deux Palmes d'Or au Festival de Cannes, et un musicien.

Biographie:

Emir Kusturica est né le 24 novembre 1954 à Sarajevo, en République fédérale socialiste de Yougoslavie (actuelle Bosnie-Herzégovine). Il est de nationalité serbe .

Le jeune Emir se passionnait déjà pour le cinéma : pour gagner son argent de poche, il faisait des petits boulots pour le cinéma de quartier de Sarajevo et pouvait ainsi assister aux projections. Un ami de son père l'invitait également sur le plateau des films officiels qu'il faisait. Mais dans la banlieue de Sarajevo, Emir joue au football, sort, et fréquente d'autres enfants que les parents Kusturica ne voient pas d'un bon œil. Inquiets, ses parents, d'une famille respectable, décident de l'envoyer faire ses études à l'étranger pour le couper de ses fréquentations jugées trop néfastes. Comme sa tante habitait alors à Prague, Emir y fut envoyé et put ainsi rentrer à l'académie du cinéma de la capitale tchécoslovaque: la FAMU. Il s'y montre un brillant élève et y réalise deux courts-métrages : Une Partie de la Vérité et Automne. Ses professeurs voient en lui un talent très prometteur, et plus tard, dans ses interviews, il rendra hommage de nombreuses fois à son professeur de mise en scène: le tchèque Otakar Vavra. Pendant ses années praguoises, Emir Kusturica va absorber tous les grands classiques du cinéma, qu'ils soient russes, tchèques, français, italiens, ou américains. Ces films marqueront profondément son style tout au long de sa carrière.

En 1978, Emir Kusturica réalise son court-métrage de fin d'études "Guernica", un film douloureux et faussement naïf sur l'antisémitisme vu par un petit garçon. Ce film obtient le Premier Prix du cinéma étudiant du Festival international du film de Karlovy Vary.

Avec ce premier trophée, il rentre alors à Sarajevo et y obtient un contrat à la télévision. Artiste anticonformiste, il réalise en 1979 le moyen-métrage Les jeunes mariées arrivent tiré d'un scénario de Ivica Matić au sujet de l'inceste. Fortement influencé par le style d'Andreï Tarkovski, le film dérange par la forme et le fond, tous deux trop audacieux. Le film est interdit de diffusion. Il conserve néanmoins son poste à la télévision et tourne l'année suivante son second film : "Café Titanic", tiré d'une nouvelle du prix Nobel de littérature yougoslave Ivo Andrić. Avec ce film, il remporte le premier prix du Festival de la télévision yougoslave.

Il réalise alors son premier long métrage "Te souviens-tu de Dolly Bell ?" la même année, sur la base d'un scénario coécrit par lui-même et le grand poète bosniaque Abdulah Sidran. Le film est semi-autobiographique, et raconte la difficulté pour un groupe d'enfants dans le Sarajevo des années 1960 de se confronter au rêve occidental sous la dictature communiste de Tito. Le cinéaste y révèle déjà son talent de portraitiste et de satiriste dans la peinture des mœurs yougoslaves traditionnelles. Le monde découvre ainsi le cinéma du jeune yougoslave grâce à l'obtention du Lion d'Or de la Première Œuvre à la Mostra de Venise et du prix de la critique du Festival du film international de São Paulo.

Emir Kusturica travaille alors sur son second film "Papa est en voyage d'affaires", avec le même scénariste Abdulah Sidran dans l'optique de réaliser une trilogie sur sa ville natale. Le troisième volet ne verra pas le jour, mais ce deuxième film, qui témoigne de la douleur des familles séparées par l'arbitrage politique du régime de Tito, remporte à la surprise générale la Palme d'Or au Festival de Cannes 1985. La récompense propulse au niveau des plus grands ce jeune réalisateur de 31 ans. Pour se vider la tête, et évacuer la pression, Emir Kusturica va alors intégrer pendant un an le groupe de musique de ses amis de Zabranjeno Pušenje en tant que bassiste. Il fréquente en conséquence la scène musicale yougoslave et se lie d'amitié avec le plus grand auteur/compositeur et guitariste de rock national : Goran Bregović devenu une star nationale dans toute l'ex-Yougoslavie avec le groupe Bijelo Dugme (Bouton blanc).

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La Palme d'Or lui ouvre toutes les portes, et notamment celles des producteurs internationaux. La Columbia s'intéresse à lui et lui propose un contrat mirobolant. Il hésite entre plusieurs scénarios, dont un traitant des Boukhodors. Ce sera finalement un fait divers sur les gitans qui va retenir toute son attention, et le faire travailler avec le journaliste Gordan Mihic pour élaborer l'histoire douloureuse (et en partie authentique) de Perhan dans "Le Temps des Gitans". Mais l'œuvre, qui se veut plus une fable ou un rêve éveillé qu'un portrait objectif, trahit des accointances avec le réalisme magique, juxtaposant une description presque documentaire du mode de vie bohémien à des éléments mythologiques, irrationnels et surnaturels (dons de voyance, de télékinésie, accouchement en lévitation...). Ceux-ci surgissent, de manière inopinée dans le récit, pour exprimer la pensée superstitieuse et mystique qui régit les rituels et les coutumes tsiganes. Mais cette pensée alimente par ailleurs fortement l'imaginaire du cinéaste, pour ce film-là comme pour ceux à venir. Une fois monté, "Le Temps des Gitans" sera présenté à Cannes où il obtiendra Prix de la mise en scène en 1989. À l'issue du tournage, Emir Kusturica avait été appelé à New York par le réalisateur américano-tchèque Miloš Forman (ancien collègue de la FAMU et président du jury cannois qui lui attribua la Palme en 1985), pour le remplacer à la Columbia University. Aux États-Unis, un des élèves de Kusturica, David Atkins lui propose alors un scénario qui deviendra Arizona Dream. Il arrête l'enseignement et se consacre alors entièrement à la fabrication de ce film, sur le rêve américain. La conception douloureuse du film fut rendue encore plus difficile par le début du conflit en Yougoslavie, auquel il assiste impuissant à des milliers de kilomètres de distance. Le tournage est arrêté à de nombreuses reprises pour laisser Emir Kusturica faire des aller et retour et aider ses parents. Après le pillage de la maison familiale de Sarajevo (et le vol de ses premiers trophées), il fait déménager ses parents au Monténégro[1]. Le film "Arizona Dream", interprété entre autres par Johnny Depp, Jerry Lewis et Faye Dunaway, sera tout de même achevé, et obtiendra l'Ours d'Argent au Festival de Berlin en 1993.

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Extrêmement choqué par les événements en Bosnie et par la manière dont ils sont présentés par les médias, Kusturica constate son impuissance à agir depuis les États-Unis mais décide de revenir avec sa femme sur sa terre natale et de montrer au reste du monde sa propre vision du conflit qui déchire son pays. Le film, "Underground", aborde le difficile thème de la guerre en ex-Yougoslavie. Cette vaste fresque au souffle épique mêle la farce bouffonne et l'esthétique carnavalesque à une conception purement tragique et désespérée de l'histoire. Il s'agit sans doute du film le plus douloureux mais aussi le plus visionnaire et le plus inventif de la carrière du metteur en scène, nourri par une force poétique d'une rare intensité et doté d'une puissance visuelle inégalée dans son œuvre jusqu'à ce jour. Il sera réalisé en partie dans les studios de Prague pour les séquences se déroulant dans les intérieurs et en partie à Belgrade, en pleine guerre, pour les scènes en extérieur. Le film vaudra à son réalisateur une seconde Palme d'Or cannoise en 1995, malgré la forte controverse qu'il essuie en France. Alain Finkielkraut écrira le lendemain de l'annonce du palmarès un violent article dans Le Monde, intitulé l'imposture Kusturica, alors qu'il n'avait même pas vu le film. Emir Kusturica répond, le 26 octobre 1995 par un article intitulé Mon imposture.

Cette polémique pousse Kusturica à déclarer vouloir arrêter le cinéma, mais il se ravisera et tournera "Chat noir, chat blanc" en 1998, un film aux antipodes du précédent, plus calme mais non moins pittoresque, plein de couleurs, de musique et d'humour. Il permet au cinéaste d'être gratifié d'un Lion d'Argent à la Mostra de Venise en 1998 pour sa mise en scène. Comme toujours, pour décompresser, il reviendra à la musique et enchaînera une tournée mondiale avec son groupe de musique, rebaptisé le "No Smoking Orchestra". De cette tournée, il réalisera le documentaire "Super 8 Stories" en 2001.

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Après de nombreux projets avortés, Emir Kusturica décide de revenir une nouvelle fois sur la guerre et l'aborde au travers d'une histoire dont il avait connaissance depuis longtemps : une transposition de Roméo et Juliette dans les Balkans. Ce film donnera "La vie est un miracle" (2004). Pour le tournage, c'est dans les montagnes de la Mokra Gora que son équipe s'arrêtera, et il y construira pour l'occasion une voie ferrée et un village traditionnel en bois. Ce village, baptisé Küstendorf et dont il s'est auto-proclamé maire, est érigé en place forte de l'altermondialisme, du tourisme écologique, et de l'enseignement du cinéma comme il l'explique alors dans de nombreuses interviews. Le village est ouvert au public depuis septembre 2004. Un séminaire de cinéma pour jeunes étudiants y a eu lieu au cours de l'été 2005. Le village a gagné en octobre 2005 le Prix d'architecture européen Philippe Rotthier pour la reconstruction d'une ville.

C'est toujours dans les environs de Küstendorf que, après avoir passé une année à travailler sur un documentaire sur le joueur de football Diego Maradona, Emir Kusturica a entamé en 2006 le tournage de son nouveau film "Promets-moi". Le premier qui a mis plus de temps à se faire que prévu, est sorti sur les écrans français à la fin du mois de mai 2008, alors que le second, réalisé après et sélectionné au festival de Cannes 2007, est sorti en salles en France en janvier 2008.

Emir Kusturica a mis en scène un opéra punk "Le temps des Gitans", dont la première représentation a été donnée le 26 juin 2007 à l'opéra Bastille à Paris. L'opéra est basé sur son film de 1989 "Le Temps des Gitans", le livret a été écrit par Nenad Jankovic et la musique a été composée par le "No Smoking Orchestra". L'œuvre, très différente de la programmation habituelle de l'opéra Bastille (chants amplifiés au micro, oies sur scène, décors rocambolesques, etc.) a remporté un vif succès de la part des critiques autant que du public, qui a longuement applaudi la représentation.

Le New York Times a interrogé Emir au début de la guerre de Bosnie sur son identité, Emir avait répondu: "Je suis un exemple vivant de Bosnie, de mélange et de la conversion des serbes», «Mes grands-parents vivaient dans l'est de l'Herzégovine. Ils étaient très pauvres. Les Turcs sont venus et avec eux l'Islam. Il y avait trois frères au sein de la famille. L'un était chrétien orthodoxe. Les deux autres ont été convertis à l'islam pour survivre.

Le jour de Đurđevdan (la Saint-George) en 2005, Emir a été baptisé dans l'Église orthodoxe serbe sous le nom de Nemanja Kusturica (Немања Кустурица) dans le monastère de Savina, près de Herceg Novi, au Monténégro[5][6]. Pour ses détracteurs, qui ont analysé cette action comme une trahison de son passé musulman, il a répondu : "Mon père était athée et il s'est toujours lui-même décrit comme un Serbe. Ok, nous étions peut-être musulmans pendant 250 ans, mais nous étions orthodoxes avant cela, nous avons toujours été des Serbes. On ne devient pas musulman par intérêt, mais pour survivre aux Turcs.


Quelques touches caractéristiques:

La musique:
La musique est omniprésente dans les films de Kusturica. Après une collaboration avec Zoran Simjanović pour ses premiers films, ce sont surtout les trois films qu'il fait avec Goran Bregović qui marqueront les esprits : "Le Temps des Gitans" (1990), "Arizona Dream" (1993) et "Underground" (1995). Il travaille également avec le trompettiste serbe Boban Marković et sa fanfare de 11 musiciens, de nos jours considérée comme l'une des meilleures fanfares d'Europe centrale. Depuis 1998, c'est son propre groupe le "No Smoking Orchestra" qui assure la musique de ses films. Il y joue de la guitare et compose une partie des morceaux.

Les gitans:
Les gitans sont le thème central de deux des films de Kusturica : "Le Temps des Gitans" et "Chat noir, chat blanc", même si des joueurs de musique tziganes apparaissent dans quasiment tous ses autres films. Emir Kusturica n'a pas de racines familiales gitanes, mais il les a fréquentés depuis sa plus tendre enfance, et pour lui ce peuple symbolise la notion même de liberté.


Filmographie:

Spoiler:
Courts et moyens-métrages

* 1971 : Une partie de la vérité
* 1972 : Automne
* 1978 : Guernica (Premier prix du festival du film étudiant de Karlovy-Vary)
* 1996 : Sept jours dans la vie d'un oiseau (docu-fiction pour l'émission Envoyé spécial de France 2)

Téléfilms

* 1979 : Les mariées arrivent
* 1980 : Café Titanic (Premier Prix du Festival du film de la télévision yougoslave à Portoroz)

Longs-métrages

* 1981 : Te souviens-tu de Dolly Bell ?
* 1985 : Papa est en voyage d'affaires
* 1988 : Le Temps des Gitans
* 1993 : Arizona Dream
* 1995 : Underground
* 1998 : Chat noir, chat blanc
* 2001 : Super 8 Stories
* 2004 : La vie est un miracle
* 2005 : Les Enfants invisibles segment Blue Gypsy (film commissionné par l'Unicef)
* 2007 : Promets-moi
* 2008 : Maradona par Kusturica

Clip vidéos

* Emir Kusturica and the No Smoking Orchestra - Unza Unza Time (2000)
* Manu Chao - Rainin' In Paradize (2007)

Acteur:

* 1972 : Valter brani Sarajevo de Hajrudin Krvavać
* 1978 : Les mariées arrivent de Emir Kusturica : un agent d'assurance
* 1982 : 13 jul (13 juillet) de Radomir Saranović : officier italien
* 1989 : Le Temps des Gitans de Emir Kusturica : client du bar à Milan (scène tournée, mais coupée au montage final)
* 1993 : Arizona Dream de Emir Kusturica : client du bar à New York
* 1995 : Underground de Emir Kusturica : marchand d'armes
* 2000 : La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte : Neel Auguste
* 2001 : Super 8 Stories de Emir Kusturica : lui-même
* 2003 : Jagoda u supermarketu (Des fraises au supermarché) de Dušan Milić : le général
* 2003 : L'Homme de la Riviera de Neil Jordan : Vladimir
* 2005 : Mister K de Augustin Legrand : lui-même
* 2006 : Viaggio segreto de Roberto Ando
* 2006 : Dernier tour à Monza 2 de Luigi Perelli : lui-même
* 2007 : Hermano de Giovanni Robbiano : Chomsky
* 2008 : Maradona de Emir Kusturica : lui-même
* 2009 : Alice au pays s'émerveille de Marie-Eve Signeyrole : le douanier
* 2009 : L'Affaire Farewell de Christian Carion : Vetrov

Source: Wikipédia


Mon avis:

C'est un réalisateur que j'apprécie beaucoup.
Je n'ai pas encore vu tout ses films, mais j'aime beaucoup: "Le Temps des Gitans", "Arizona Dream", "Underground" I love you , "Chat noir, chat blanc" et "La vie est un miracle".
Je trouve qu'il a vraiment un univers très entrainant. La musique bien sûr, y est pour beaucoup, mais aussi ses histoires folles qu'il nous conte et tout ces personnages fabuleux qui jalonnent tout ces films, ils sont géniaux.
J'aime aussi son humour, et je trouve que c'est très agréable de regarder ses films, parce qu'il sait trouver le juste dosage entre le drame et la comédie. Certaines de ses histoires pourraient être vraiment plombante, mais avec ces personnages attachants, cette musique, et cet humour, ça prend une tout autre dimension.
Je me suis aussi beaucoup amusé devant son documentaire "Super 8 Stories". Déjà, j'adore leur musique, et puis, suivre ce groupe complètement déjanté dans leur tournée, est un moment vraiment drôle et agréable. J'aimerais beaucoup les voir sur scène, ils ont l'air d'avoir une énergie incroyable!! Shocked

J'ai bien envie de me faire toute sa filmo maintenant tiens! Very Happy

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